La santé mentale des parents
Par la clinique Matrescence
Au Québec, nous avons la chance d’avoir un système de santé permettant d’obtenir des soins de santé généraux gratuitement. La santé physique et sa promotion sont plutôt bien connues, mais qu’en est-il de la santé mentale ? Et pourquoi la santé mentale parentale est-elle aussi importante ?
Pour comprendre la santé mentale des parents, il faut répondre à plusieurs questions.
Tout d’abord, c’est quoi la santé mentale ?
La santé physique est généralement bien connue et elle est habituellement mesurée à partir de la capacité à occuper ses activités quotidiennes et le bon fonctionnement des organes vitaux. Les comportements préventifs sont également plutôt connus. En effet, tout le monde sait que la pratique régulière d’exercices physiques ou une alimentation équilibrée contribuent à la santé, et que l’excès d’alcool et le tabagisme peuvent entraîner des problèmes de santé.
Par contre, bien qu’aussi essentielle que la santé physique, la santé mentale est méconnue. Selon l’OMS (1), la santé mentale est un état de bien-être permettant d’affronter les sources de stress de la vie, mais également de réaliser son potentiel, d’apprendre, de travailler et de contribuer à la vie de sa communauté. Tout comme la santé physique, la santé mentale, c’est bien plus que l’absence de maladie mentale.
Une bonne santé mentale permet de faire face aux défis quotidiens, d’avoir confiance en ses propres compétences et de se sentir en contrôle de sa vie. Plus concrètement, cela permet de gérer son stress, parce que des facteurs de stress, il n’en manque pas en devenant parent! De plus, celle-ci favorise une prise de décision éclairée, la confiance face à ses compétences parentales ainsi que la satisfaction envers les relations établies.
Qu’est-ce qui influence la santé mentale ?
Tout comme la santé physique, la santé mentale est influencée par des facteurs liés à l’environnement de chaque personne (son entourage et les déterminants sociaux de la santé), à elle-même et à sa génétique. Lorsqu’on s’intéresse de près à la santé mentale des parents, trois facteurs clés favorisent une parentalité plus harmonieuse : les relations, l’attention portée à soi et les ressources de soutien.
Les relations
Devenir parent, que ce soit pour la première fois ou pour la quatrième fois, est une nouvelle expérience nécessitant de redéfinir ses rôles en tant que personne. En tant qu’humain, devenir parent a toujours été une expérience sociale pour laquelle les autres ont été d’une aide significative. De nos jours, cette aide repose principalement sur le ou la conjoint.e de la nouvelle mère. Les stratégies de communication sont donc particulièrement importantes pour permettre une transition harmonieuse, mais aussi la négociation des responsabilités parentales et de la charge mentale.
Prendre soin de soi
Quand on parle de prendre soin de soi, on s’imagine généralement une activité ou du matériel visant notre bien-être. En santé mentale, lorsqu’on parle de prendre soin de soi, cela fait référence à son soi interne. Il s’agit donc d’être à l’écoute de ses émotions, de répondre à ses besoins, mais également de respecter ses limites réelles dans la mesure du possible. Le parent est une personne essentielle pour procurer les soins, au même titre qu’une maison a besoin de fondations solides et entretenues pour soutenir la maison en plein chantier. Devenir parent est une transition importante et stressante, puisqu’elle nécessite de prendre soin d’une petite personne entièrement dépendante : votre bien-être est important. Entre autres, il peut s’agir de prendre la décision de dormir plutôt que d’accepter une invitation.
Lorsqu’on parle de stress, à quoi fait-on référence?
Il peut être parfois difficile de distinguer l’anxiété du stress. L’anxiété est l’anticipation d’une situation qui pourrait se produire, tandis que le stress est un réflexe normal du corps pour s’adapter, une sorte d’alerte physique visant à se protéger d’une menace suite à un élément déclencheur. Cette alerte a pour effet d’activer la production d’hormones de stress, le cortisol. Et malheureusement, même s’il s’agit d’un événement désiré et heureux, devenir parent ne protège pas du stress.
Il existe un acronyme pour comprendre les sources d’activations du corps : le C.I.N.É.
(C) Contrôle faible : Il s’agit d’une situation sur laquelle vous avez peu ou pas de pouvoir d’influence.
Exemples d’activateurs : votre bébé qui ne dort pas malgré toutes les techniques de sommeil tentées, les microbes que votre enfant rapporte de la garderie, la recherche d’une place dans une garderie pour votre poupon, une pénurie de préparation commerciale ou un budget serré pour faire l’épicerie.
(I) Imprévisibilité : Il s’agit d’une situation que vous n’aviez pas prévue ou qui était impossible à prédire.
Exemples d’activateurs : une pandémie et la fermeture de sa garderie, la qualité de sommeil et l’humeur de votre enfant, le développement de votre enfant selon la courbe normale, etc.
(N) Nouveauté : Il s’agit d’un rôle, d’une situation, d’attentes ou de devoir assumer des responsabilités que vous n’avez jamais fait auparavant.
Exemples d’activateurs : TOUTES les premières fois avec un bébé, même celles qu’on pense avoir déjà vécues, l’accouchement, votre relation de couple en tant que parents, votre retour au travail, etc.
(É) Égo menacé : il s’agit d’une situation où quelqu’un remet en question votre capacité et vos compétences pour remplir un rôle, une responsabilité ou quelque chose d’important pour vous.
Exemples d’activateurs : L’impression de ne pas en faire assez, les commentaires désobligeants, la comparaison sur les réseaux sociaux, les regards désapprobateurs d’inconnus, etc.
Les ressources de soutien
Devenir parent est une expérience personnelle, mais également collective. En effet, la naissance d’un enfant, c’est également la naissance d’un citoyen dans une collectivité. Peu importe la période dans l’histoire, un réseau de soutien dans la société où vit la mère a été mis en place et nous ne faisons pas exception. Au Québec, plusieurs ressources diversifiées existent et visent à soutenir les différents besoins des parents tout au long de leur vie. Ces ressources visent entre autres à établir des liens avec d’autres parents vivant des réalités similaires, à soutenir les parents face à leurs besoins éducatifs, à accompagner dans les défis particuliers ou à fournir des soins adaptés.
Plus particulièrement, durant la période de préconception jusqu’à la deuxième année de vie de l’enfant, plusieurs ressources sont particulièrement adaptées aux besoins des parents.
Tout d’abord, les centres de ressources périnatales et les maisons de la famille visant à soutenir le développement des nouveaux rôles, mais également à établir de nouveaux liens entre les parents d’une même région. Ces organisations peuvent offrir des services de répit, comme un service de garde ou un service de relevailles.
Toutefois, plusieurs services visent à soutenir le parent lui-même dans ses changements et ses défis rencontrés. C’est notamment le cas de la clinique Matrescence proposant des services en santé mentale par des professionnelles ayant une expertise auprès des enjeux rencontrés par les futurs parents et par les parents. Vous pouvez également vous tourner vers votre groupe de médecine familiale (CLSC).
Votre bien-être est essentiel.
Sources :